CONSEILS DE QUARTIER – ONT-ILS UNE RAISON D’ETRE ?

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appel_conseils100Certains d’entre vous ont peut-être déjà assisté à des conseils de quartier. Pour ma part, habitant Fontenay depuis 2000, j’ai participé de nombreuses fois à ces réunions. Et je ne peux m’empêcher de me poser aujourd’hui la question : à quoi servent-ils ?

P ourtant on nous l’a dit et redit, il s’agit d’un exercice de démocratie qui permet à nos élus d’être au plus près des citoyens, d’être à leur écoute, on pourrait même dire « de prendre leur température ».

Oui mais voilà : après avoir bien écouté les demandes des citoyens, prit des notes, rédigé des comptes-rendus, nos élus repartent et … il ne se passe ensuite pratiquement jamais rien. De mois en mois, d’année en année, les mêmes problèmes sont évoqués et malheureusement on n’y apporte aucune solution.

J’habite le quartier Roublot : depuis 15 ans le stationnement est une des grandes préoccupations des habitants. Que s’est-il passé pendant cette période ? Rien ! Et il suffit de se rendre dans n’importe quel autre conseil de quartier pour constater que c’est partout la même chose !

Pourtant, depuis quelques temps, les réunions ont pris un tour nouveau car, vous le savez peut-être, la commune a des problèmes financiers. Il y a quelques mois, les représentants des conseils de quartier ont été conviés à une grande réunion en mairie. Il s’agissait de savoir pour chaque quartier ce qui constituait une priorité. La réunion a commencé par la présentation d’un film nous expliquant comment l’État ruinait les communes en général et la ville de Fontenay en particulier. Puis, l’élue chargée de la démocratie locale nous a expliqué qu’elle allait enregistrer les vœux que nous formions pour nos quartiers mais qu’en tout état de cause, compte tenu de la situation financière, il était fort peu probable que nous obtenions satisfaction pour quelque projet que ce soit.

L e 5 mai dernier, le conseil de quartier Rigollots-Roublot-Carrières s’est réuni dans les locaux de l’école Jules Ferry. Comme souvent l’assistance était très clairsemée, tant et si bien que les élus et les agents municipaux étaient plus nombreux que les simples fontenaysiens. La réunion a commencé par un exposé du maire-adjoint chargé des finances qui nous a expliqué …comment l’État ruinait les communes en général et la ville de Fontenay en particulier, discours à destination des habitants qui n’auraient pas lu le journal de la commune, ni vu le film réalisé par la mairie, ni vu les affiches et calicots apposés un peu partout en ville. Puis ont été passé en revue les attentes des habitants et là nous avons vécu de grands moments. Nous avons appris que le problème infernal du stationnement dans notre quartier était un faux problème, les services de la mairie ayant calculé qu’il y avait à Fontenay beaucoup plus de places de stationnement que de véhicules. La maire-adjointe en charge de la démocratie locale nous a expliqué que ce problème avait pour cause les habitants eux-mêmes ; en effet certains transforment leur garage en chambre pour les enfants, cela faisant perdre non pas une mais 3 places de stationnement ! Et puis les voitures ventouses, le trop grand nombre de véhicules par ménage, la place de la voiture, le réchauffement climatique… Tout y est passé pour finalement nous dire : la commune ne peut rien !

Nous avons ensuite abordé le problème de la rénovation de la rue Roublot devant l’Ecole Jules Ferry : trottoirs qui se gondolent et qui se défont par plaque, herbes folles, dépôts sauvages d’ordures et encombrants divers, stationnements anarchiques. Outre l’aspect esthétique, c’est la sécurité de nos enfants qui est en jeu. Cette rénovation avait été promise et aurait dû être faite en même temps que les travaux de la halle Roublot. Alors ???? Notre maire-adjointe nous rappela alors que la commune n’avait pas d’argent (à cause de l’état qui ruine les communes en général et la ville de Fontenay en particulier) et posa avec le plus grand sérieux la question suivante : ce projet est-il vraiment une priorité ? Profondément agacés, les fontenaysiens présents proposèrent une visite guidée immédiate de la rue Roublot puisque nous étions dans l’école Jules Ferry. Ce ne fut pas possible car il fallait aborder un dernier point capital : la fusion de notre quartier avec les quartiers Parapluies et Pasteur, afin notamment de se faire mieux entendre par la mairie. Ce point fut vite expédié et nous pûmes, en sortant de l’école, constater tous ensemble que, priorité ou pas, cette portion de rue est laide, sale et dangereuse. Voilà qui nous fournira un sujet de discussion pour nos conseils de quartier des 10 prochaines années !

Mais n’allez pas imaginer que seules les demandes importantes posent problèmes. Tout est compliqué, même les choses insignifiantes en termes de coût. En bas de la rue Eugène Martin, il y a un dépôt d’ordures sauvage sur le trottoir. Nous avons proposé d’installer des bacs à plantes en osier pour occuper le terrain et empêcher les dépôts sauvages. Une réunion fut organisée sur place, à laquelle participèrent plusieurs agents municipaux. Trois mois plus tard, aucune nouvelle, ni de la mairie, ni de l’élu référent… Etait-ce une bonne idée, y a-t-il de meilleures solutions ? Mystère. Pendant ce temps, les dépôts sauvages continuent. Mais est-ce « une priorité » ? Nos élus nous le diront.

La multiplication des réunions, qui la plupart du temps n’aboutissent à rien de concret, est-ce cela la démocratie ? Et faut-il que le quartier se réunisse pour que nos élus décident de faire quelque chose contre les décharges sauvages sur nos trottoirs ?

A ce jour et après bien des années, l’utilité réelle des conseils de quartier reste malheureusement à démonter !

Jean-Jacques ACCHIARDI
Membre du conseil d’administration de l’Appel pour Fontenay

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